L’utilisation de l’IA aujourd’hui
C’est une tendance mise en lumière pour cette année 2026.
Selon le baromètre du numérique de l’ARCOM, en l’espace de deux ans, le recours à l’IA générative s’est banalisé chez les jeunes (85 % des 18-24 ans l’utilisent) et les cadres et professions intellectuelles supérieures (78 %).
Parmi les motifs d’utilisation de l’IA, on retrouve en premier lieu, la recherche d’informations à 73%.
L’intelligence artificielle générative devient rapidement LE contact à interroger en cas de doute ou de questionnement pour à peu près tous les sujets. Y compris notre panier de produits cosmétiques. Notamment car elle est beaucoup plus simple à utiliser qu’un moteur de recherche qui nécessite des mots clés.
La sécurité devient la tendance!
Un produit cosmétique mis sur le marché européen est (par nature) censé être sans risque pour la santé de son utilisateur. Ce n’est pourtant pas encore forcément bien retranscrit au consommateur.
Premièrement car c’est une obligation légale. Par conséquent, une marque ne peut pas faire de la sécurité de son produit, un argument de vente en mentionnant « notre produit respecte la loi du pays dans lequel il est vendu ».
Il y a eu longtemps ce débat sur les allégations mentionnant l’absence de tests sur animaux sur les produits cosmétiques vendus en UE sachant que les tests sont interdits par le règlement cosmétique depuis 2013. Bien que ces labels dépassent les standards imposés par la loi, le consommateur non expert en réglementation ne peut pas détecter cette subtilité et peut, à tort, penser que certains produits vendus en UE, sont encore testés sur animaux.
Deuxièmement car l’innocuité parfaite n’existe pas. Une réaction allergique étant spécifique à un individu, elle n’est pas prévisible. C’est pour cela que la cosmétovigilance existe.
Mais ne confondons pas la sécurité du produit qui est corolaire à sa mise sur le marché avec le questionnement justifié des consommateurs sur la sécurité de la composition des produits dans leur salle de bain!
Cette tendance s’observe de plus en plus et ce depuis plusieurs années déjà :
Le consommateur s’interroge et veut être sûr que son produit est adapté à lui et à sa peau.
Des outils sont apparus pour comparer les produits cosmétiques (on citera Yuka ou encore INCI Beauty). Il est récurrent qu’en industrie, la note sur Yuka fasse partie intégrante du cahier des charges dans la conception de produit.
Bien que ces outils fonctionnent et qu’ils ont encore un bel avenir devant eux, on peut leur observer une limite.
Cette limite, c’est l’adaptabilité.
Le système de notation implique une évaluation d’une substance pour ce qu’elle est. Et non pour ce qu’elle apporte comme solution ou contrainte à la peau de l’utilisateur.
Le consommateur ne veut pas juste un produit « bon », il veut un produit « bon pour lui ».
Pour le trouver, il a besoin d’un outil plus performant, plus complexe qui peut lui apporter des réponses nuancées et complètes.
L’IA « Traductrice » : Comment elle simplifie la compréhension des ingrédients
Si l’on demande à notre cher Chat GPT (IA la plus utilisée selon le baromètre numérique), les demandes des consommateurs de produits cosmétiques reposent sur deux axes : Efficacité & Innocuité.
« Quel produit est vraiment efficace pour ma peau / mes cheveux, et est-ce qu’il est sûr ? »
Qu’il s’agisse d’une demande de conseil pour une peau spécifique ou des renseignements sur un ingrédient spécifique que l’utilisateur ne connait pas (nous ne sommes pas tous chimiste), l’IA va répondre en croisant plusieurs données :
- Réglementation (selon le pays de la recherche)
- Formulation
- Retours d’utilisation
- Cohérence marketing.
L’IA, utilise plusieurs sources, notamment des bases de données du SCCS pour établir le profil d’une substance ainsi que le règlement cosmétique 1223/2009 en UE.
Elle permet de faciliter l’information du consommateur en temps réel et avec une réponse construite plus poussée qu’un simple Go/No go.
Un consommateur plus expert
Selon l’étude Beyond the surface de Cosmetics Europe, 72 % des européens considèrent les cosmétiques comme essentiels ou très importants dans leur vie quotidienne.
Avec l’évolution des tendances, l’étude réalisée par Mintel sur les tendances à moyens termes annonce un véritable engouement pour la connaissance :
« (My) Knowledge is power »
Savoir où chercher l’information, se renseigner pour acheter de façon plus avisée et maîtriser son environnement est une tendance qui prend de plus en plus d’ampleur avec l’arrivée d’outils comme l’IA.
Il est tout naturel de s’imaginer que l’acheteur prendra l’information pour argent comptant.
Pourtant, l’étude de l’ARCOM est très encourageante à ce sujet. Selon le baromètre numérique, 64% des utilisateurs d’IA vont vérifier l’exactitude de leur interaction.
On peut trop facilement imaginer que les utilisateurs d’IA sont plus fainéants. Pourtant cette statistique tend à démontrer que l’utilisation d’une IA amène la majorité de ses utilisateurs à pousser leur recherche par eux-mêmes et c’est un bon point qui mérite d’être relevé !
L’utilisateur se renseigne, questionne et s’informe sur la composition des produits qu’il achète. C’est une démarche qui, en plus d’être saine, s’automatise de plus en plus dans le processus d’achat.
Les limites de l’IA :
N.B. L’IA ne fait pas la loi !
Elle se contente de récupérer des données et de les traduire/vulgariser pour que le consommateur ait accès aux informations.
En mars 2026, Diana Béraud, cofondatrice de MYA, et Sophie Coront-Ducluzeau, fondatrice de Matahari, sont intervenues lors du Beauty Business Review. Elles ont mis en avant l’utilisation de l’IA par les consommateurs dans leur quotidien et dans leur sélection de produits mais également l’impact que cela créée pour les marques.
Elles mentionnent particulièrement qu’une intelligence artificielle va rechercher les termes qu’on lui énonce. Même si sa méthode de recherche d’information est complexe, elle travaille avec :
- Les sources à sa portée
- Les informations qu’on lui donne lors de la requête.
Certes le consommateur devient expert mais il n’est pas encore ni chimiste ni un professionnel du prompt d’IA.
Par conséquent, pour reprendre l’exemple cité par les conférencières, dans le cas de la recherche spécifique d’une crème solaire visage, un consommateur ne va pas forcément demander « quelle crème visage SPF 50 acheter ? » mais « Quel produit solaire visage ne laisse pas de trace ? ».
Cela pour plusieurs raisons :
- Le facteur de protection solaire n’est pas évident à comprendre et n’est pas forcément pertinent pour un non-sachant
- L’acheteur parle selon ses attentes propres. S’il part du principe que les produits solaires ont tous une faculté de protection solaire équivalente, il cherche une action supplémentaire, gage de qualité selon lui qui est de ne pas laisser de trace.
Avec une telle demande, l’IA ne va donc pas rechercher particulièrement de produits avec un SPF spécifique.
Et même si un produit d’une marque X coche toutes les attentes de l’acheteur, s’il n’y a pas de données chiffrées ou de documentation à son sujet concernant l’absence de trace à l’application, l’IA ne va pas être en mesure de le présenter.
C’est ici qu’il me semble important de rappeler que l’intelligence artificielle reste un outil de croisement de sources.
- Celle-ci peut se contredire.
- Une IA est conçue pour donner des réponses exhaustives. Il est difficile pour elle d’admettre ses erreurs même si elle se met à jour régulièrement.
- Elle ne remplace pas un expert de la peau comme une esthéticienne ou un dermatologue pour les demandes les plus spécifiques.
Sécuriser – Évoluer – Rassurer
L’innovation technologique n’est encore qu’à ses débuts et l’IA nous accompagne déjà au quotidien dans le monde professionnel et personnel. Si travailler avec elle n’est pas une nécessité en soi, il faut prendre en compte qu’elle fait partie de notre environnement.
Le fait que les consommateurs l’utilisent davantage pour vérifier et s’assurer de la sécurité des compositions nous amène à réfléchir à comment s’adapter à leurs nouveaux biais d’achat :
- La comparaison minutieuse des formules pour acheter LE produit le plus adapté à leurs besoins
- Une certaine expertise en matière d’ingrédients
- Une attente de transparence dans la composition des produits
- Une attente d’efficacité et des preuves parlantes
Si l’IA devient le meilleur allié de l’acheteur et qu’elle passe vos produits au peigne fin, il est capital de vérifier vos étiquetages et vos mentions sur votre site internet.
Le RCE 1223/2009 oblige à faire apparaître plusieurs mentions visibles pour le consommateur sur les packagings.
Sur votre site internet, il est également obligatoire de faire figurer ces mentions pour que le consommateur soit éclairé lors de son achat. Par la même occasion, cela facilite votre visibilité auprès des IA.
Une IA va trier les informations ainsi que vos allégations et suggérer davantage au consommateur des produits qui correspondent à ses attentes selon ses critères.
Indiquer un maximum d’informations et d’allégations en adéquation avec la composition de votre produit est capital pour être remarqué par l’IA.
L’attrait actuel pour l’IA montre l’intérêt grandissant pour des produits irréprochables en termes de sécurité et de composition.
Vous souhaitez des renseignements sur vos obligations de mentions sur votre site internet?
Sources
« 2025 Global Beauty and Personal Care Trends from Mintel ». Beauty Packaging, 16 octobre 2024. https://www.beautypackaging.com/breaking-news/2025-global-beauty-and-personal-care-trends-from-mintel/.
« Baromètre du numérique – édition 2026 | Arcom ». Consulté le 15 mai 2026. https://www.arcom.fr/se-documenter/etudes-et-donnees/etudes-bilans-et-rapports-de-larcom/barometre-du-numerique-edition-2026.
CE_Consumer_Insights_Infographic. / CE_European_Consumer_Perception_Study_2022_Infographic.pdf https://cosmeticseurope.eu/wp-content/uploads/2025/03/CE_European_Consumer_Perception_Study_2022_Infographic.pdf
McDougall, Andrew, KinShen Chan, Reiko Hasegawa, et Clare Hennigan. Collective Genius behind Mintel’s 2025 Global Beauty and Personal Care Trends. s. d.
« Visibilité IA Des Marques Beauté : Enseignements de La Conférence CEW France 2026 – MYA ». 25 mars 2026. https://www.agence-mya.fr/notre-agence/visibilite-ia-des-marques-beaute/.


